SSP - Vaud / Syndicat des services publics

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Accueil préscolaire : Pour un cadre de référence de qualité !

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L’ensemble des partis politiques s’accorde sur le fait que l’accueil extrafamilial des enfants est une nécessité. Les avis divergent par contre sur la manière de réaliser plus de places de crèches et garderies. La droite et le patronat veulent multiplier le nombre de places sans augmenter les moyens mis à disposition. Ainsi, pour réduire les coûts des structures d’accueil, on fait pression sur le niveau de formation du personnel, sur le taux d’encadrement et sur les conditions de travail et de salaires. Dernier coup d’éclat de la droite : la motion au Grand Conseil vaudois « Trop de normes tue les normes. Simplifions-les !». Cette motion est clairement une attaque contre le cadre de référence en vigueur dans l’accueil préscolaire afin de réduire la qualité de l’accueil des enfants en âge scolaire.

Une place d’accueil de qualité pour chaque enfant!

Or pour assurer une prise en charge de qualité à tous les enfants, quel que soit leur milieu social ou leur lieu de domicile, il faut investir massivement et non pas vouloir faire pression sur les coûts de l’accueil de l’enfance. Le modèle que nous défendons exige la mise en place de structures de qualité en nombre suffisant, fondées sur un projet pédagogique favorisant le développement social et intellectuel de tous les enfants, quelles que soient leur origine sociale et la commune où ils vivent.

Un accueil dans l’INTERET de l’enfant !

Nous préconisons un accueil de l’enfance qui prenne en compte l’intérêt premier des enfants. Ainsi, la fréquentation d’une garderie devient un atout pour le développement de l’enfant plus grand à condition que l’accueil soit de qualité. Le rapport de l’UNICEF met fortement l’accent sur l’importance pour nos sociétés de ne pas rater ce tournant : « La vision précédente et étriquée de la garde d’enfants en tant que moyen de libérer les parents pour l’emploi est donc en train de céder le pas à une approche davantage centrée sur l’enfant et qui met l’accent sur la qualité des services disponibles. »

Qualité et personnel : indissolublement liés
La qualité « dépend avant tout de la capacité du personnel d’établir des rapports avec les enfants et de contribuer à créer un climat de sécurité, de continuité, de sensibilité, stimulant et gratifiant. » Pour cela il est nécessaire d’avoir du personnel formé en nombre suffisant et bénéficiant de bonnes conditions de travail. C’est rare d’entendre cela en Suisse. Et pour cause. En moyenne nationale, la moitié du personnel qui travaille dans une crèche ou garderie n’est pas formé. Dans le canton de Zurich, 40% du personnel est constitué par des apprenants, non encore diplômés et par des stagiaires ! Le niveau moyen suisse ne peut dès lors constituer un point de repère utile lorsqu’on mise sur la qualité et non pas sur un service low cost ! Que cela n’en déplaise aux radicaux vaudois, qui considèrent les normes cantonales d’un « dangereux perfectionnisme vaudois » !

Pour un taux d’encadrement qui prenne en compte les besoins des enfants
Les normes vaudoises actuelles (2/3 d’éducatrices ES/HES sur le 80% de personnel qualifié), loin d’un quelconque perfectionnisme, correspondent tout juste au niveau minimal établi par l’UNICEF, soit au moins la moitié du personnel bénéficiant d’un niveau de formation tertiaire. Ce ratio assure une qualité de l’accueil qui doit assurer les tâches de formation, d’éducation et de développement en tenant compte de l’âge des enfants. L’exemple des pays scandinaves, les recommandations de l’UNICEF, les recherches scientifiques récentes montrent qu’une formation de haut niveau et une bonne qualification ont un effet déterminant sur la qualité de l’accueil.

Un temps de préparation nécessaire
Les professionnel·le·s de l’enfance doivent disposer d’un temps de travail hors présence des enfants. Ce temps doit permettre aux éducateurs/trices de prendre du temps pour réfléchir à leur pratiques ou au projet pédagogique, de discuter des situations difficiles, de rencontrer les parents. Ce 10% de leur temps de travail hors présence des enfants ne peut être considéré comme un luxe, mais est simplement nécessaire pour assurer un encadrement de qualité

Pour des normes d’infrastructures édictées par le SPJ
Les normes de sécurité des infrastructures édictées par le Service de la Protection de la Jeunesse, garantissent tout simplement la santé physique de l’enfant. C’est la moindre des choses qu’elles soient obligatoires. Pour rappel, les enfants vaudois doivent se contenter d’un espace de 3m2 pour jouer alors que les poules biologiques ont droit à 5m2 pour picorer. Un comble !

Pour un service public de l’enfance!

Notre syndicat prône un accueil de l’enfance de qualité, avec un personnel qualifié. Un service public de l’enfance gratuit, accessible à tout le monde, sur tout le territoire cantonal. Nous nous opposons à toute velléité de remise en cause de la qualité de l’accueil par le biais d’un assouplissement des normes cantonales. Nous voulons que l’accueil de l’enfance remplisse une mission socio-éducative et non une mission de gardiennage.

 


Le Syndicat des services publics SSP

le syndicat des employé-e-s de la Confédérations, des cantons, des communes et des institutions d'utilité publique.